Purge chez Nissan, qui va supprimer 19 000 emplois dans le monde
Aux 9 000 départs annoncés en novembre, la firme automobile japonaise annonce ce lundi ajouter 10 000 autres suppressions de postes.

Nissan Motor va supprimer plus de 10 000 emplois dans le monde, portant le nombre de licenciements, y compris ceux annoncés précédemment, à plus de 19 000, soit 15 % de ses effectifs, a rapporté ce lundi la chaîne publique japonaise NHK.
Le troisième constructeur automobile japonais s’efforce de rendre son activité plus performante et plus résiliente après de faibles ventes en Chine et sur son plus grand marché, les États-Unis.
L’entreprise devrait annoncer mardi ses résultats pour l’exercice 2024-2025 clos en mars. Dès le mois dernier, elle avait prévenu qu’elle allait enregistrer une perte nette record de 700 à 750 milliards de yens (4,26 à 4,56 milliards d’euros) en raison de charges de dépréciation.
Une usine va fermer, un autre projet abandonné
À la peine aux États-Unis, le constructeur a aussi souffert en Chine, le plus grand marché automobile du monde, où il prévoit de lancer une dizaine de nouveaux véhicules dans les années à venir pour tenter d’enrayer la baisse des ventes. Mais il a vu ses ventes s’y effondrer de 27 % sur les trois premiers mois de 2025.
En novembre, la marque qui comptait plus de 133 000 employés en mars de l’année dernière, avait annoncé un plan de départs touchant à 9 000 postes.
Le PDG Ivan Espinosa, qui a succédé à Makoto Uchida au poste de directeur général le mois dernier, restructure les opérations de Nissan et a précédemment déclaré que la société envisageait des mesures supplémentaires.
Une usine en Thaïlande fermera d’ici au mois prochain, et vendredi, le groupe a annoncé avoir décidé d’abandonner son projet de construction d’une usine de batteries pour véhicules électriques sur l’île de Kyushu, au sud-ouest du Japon, un projet de 1,1 milliard de dollars, pour laquelle il devait recevoir des subventions gouvernementales.
Nissan, dont l’action a perdu 40 % sur l’année écoulée, reste sous la pression d’un colossal endettement : les agences de notation ont d’ailleurs abaissé la note de sa dette en catégorie spéculative, Moody’s pointant sa « faible rentabilité » et « sa gamme de modèles vieillissants » alimentant le déclin des ventes.
Les mauvais résultats de l’entreprise ont aussi précipité l’abandon de la fusion de Nissan avec son compatriote Honda. Le 23 décembre, Toshihiro Mibe, le PDG de Honda, et Makoto Uchida, son homologue chez Nissan, avaient signé, devant les caméras, un accord de principe formel prévoyant le regroupement, d’ici 2026, de leurs activités, au sein d’une holding conjointe. Ils avaient même proposé à Mitsubishi Motors, dont Nissan détient toujours 24 %, de se joindre à ce projet qui aurait pu donner naissance au troisième plus grand constructeur de la planète.
Mais les valorisations respectives des deux groupes avaient posé problème. Et le projet abandonné un mois et demi plus tard.








