Nom, adresse, téléphone… Un site anonyme publie les données personnelles des propriétaires de Tesla

Les propriétaires de Tesla aux États-Unis se voient ciblés par un site web anonyme. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes autour d’Elon Musk et de sa société automobile.

Le propriétaire du site affirme encore que ces données seront supprimées lorsque les personnes concernées apportent une preuve de la vente de leur véhicule. Capture d'écran "Dogequest"
Le propriétaire du site affirme encore que ces données seront supprimées lorsque les personnes concernées apportent une preuve de la vente de leur véhicule. Capture d'écran "Dogequest"

    La chasse aux Tesla est déclarée. Un site web a publié les prétendus noms, adresses postales, numéros de téléphone et adresses e-mails de potentiels propriétaires de Tesla aux États-Unis. Nommé « Dogequest », il indique également l’emplacement de concessions ou de superchargeurs Tesla.

    Sur cette carte interactive, que nous avons pu consulter, l’utilisateur est invité à naviguer à l’aide d’un curseur en forme de cocktail molotov. Les données personnes supposées de plusieurs employés du Département de l’Efficacité Gouvernementale (DOGE) piloté par Elon Musk, sont également rendues publiques. Nous n’avons pas pu certifier la fiabilité de toutes ces informations.



    Avec une pointe d’ironie, le site explique ambitionner de « connecter les propriétaires de Tesla partageant les mêmes idées, facilitant ainsi une communauté dynamique grâce à des informations de contact partagées », tout en mettant en valeur « l’expression créative de la protestation ». Plus grave, il semble appeler à la violence : « Si vous cherchez une Tesla pour exprimer votre talent artistique à la bombe, sortez ! Pas besoin de carte ! »

    « Un acte de terrorisme intérieur »

    Le propriétaire du site affirme encore que ces données seront supprimées lorsque les personnes concernées apportent une preuve de la vente de leur véhicule. Un propriétaire ciblé par « Dogequest » explique au média américain 404 avoir acheté sa voiture en 2013, « avant que nous ayons la moindre idée qu’Elon Musk était un personnage horrible ».

    « Encourager la destruction de Tesla à travers le pays constitue un acte de terrorisme intérieur extrême », a réagi ce mardi le patron de X et Space X sur son réseau social.

    Le site web, dont on ne sait pas exactement depuis quand il est disponible en ligne, a fait son apparition dans un contexte de tensions croissantes à l’encontre de Musk et de sa société automobile. Plusieurs véhicules, concessionnaires et bornes de recharge Tesla ont été vandalisés ces dernières semaines à travers les États-Unis, mais aussi en Europe.

    Dans la nuit de lundi à mardi sur le parking d’un garage de Las Vegas, plusieurs voitures ont été incendiées et visés par balles, et le mot « Résistez » a été tagué, selon la police locale. « Tesla est une entreprise pacifique, nous n’avons jamais rien fait de mal. Je n’ai jamais rien fait de mal, que des choses productives », s’était encore défendu Musk dans une interview sur Fox News.

    Appels au boycott

    Des appels au boycott ont été lancés à l’encontre de la marque, pionnière des véhicules électriques, dont la valorisation boursière a plongé depuis décembre. Donald Trump a apporté son soutien à Elon Musk, « traité de manière très injuste » selon lui, en exposant notamment la semaine dernière plusieurs véhicules Tesla dans les jardins de la Maison Blanche.



    Elon Musk, homme le plus riche du monde, est devenu lors de la campagne présidentielle un proche allié de Donald Trump, consacrant 277 millions de dollars de sa fortune personnelle à soutenir le candidat républicain et son parti. Devenu président, ce dernier l’a nommé à la tête d’une commission pour l’efficacité gouvernementale (Doge), chargée de réduire drastiquement les dépenses publiques.

    Le patron de Tesla et SpaceX s’est depuis lancé dans le démantèlement de plusieurs agences gouvernementales, qu’il accuse de fraude et de gestion dispendieuse, mettant au chômage des milliers de fonctionnaires.